"Pour cette raison, l'Evangile, qui est la véritable expression de la charité, n'est pas une déclaration des droits de l'homme, mais une déclaration de ses devoirs."
Lacordaire naquit le 12 mai 1802, près de Dijon, France. Malgré l'influence de ses parents qui étaient des Catholiques romains fervents, le jeune Lacordaire demeura athée jusqu'à ce qu'une profonde expérience religieuse le força à abandonner une carrière de juriste pour la religion. Après avoir terminé ses ètudes au séminaire, il accepta un poste dans l'enseignement et fut horrifié de l'attitude peu religieuse des ses étudiants. Dans un effort pour raviver l'intérêt du public pour l'Eglise catholique Romaine, il soutint les thèses de la liberté religieuse et de la séparation de l'Eglise et de l'Etat dans le journal libéral LAvenir. Contrairement à ses espérances, la défence de ces thèses souleva une forte opposition de Rome qui aboutit à la publication de deux encycliques condanant le Libéralisme. Déçu, Lacordaire abandonna la cause du Libéralisme et acepta, plus tard, la chaire de la fameuse Cathédrale Notre Dame de Paris, où ses dons d'orateur attirèrent des milliers de fidèles à la pratique du culte. Une autre de ses grandes réussites fut la restauration en France de l'Ordre des Dominicains qui avait été supprimé et exilé pendant la Révolution. Il mourut le 21 novembre 1861.
Au coeur de toutes les entreprises de lacordaire, on découvre un effort concerté pour corriger les idées fausses qu'avaient les Révolutionnaires au sujet de l'Eglise Catholique Romaine. L'individualisme radical possédaient tellement les masses qu'il menaçait toute autorité, y comprise l'Eglise catholique Romaine. Lacordaire était convaincu que le Libéralisme religieux, une fois compris par la majorité du peuple français, conduirait à la séparation de l'Eglise et de l'Etat et était la seule solution acceptable pour les temps à venir. L'année de sa mort, il déclara: "Aussi longtemps qu'existe cet état d'esprit, le Libéralisme sera vaincu par une démocratie oppressive ou un pouvoir autocratique illimité, et c'est pour cette raison que l'union de la liberté et du Christianisme représente le seul salut possible du futur. Seul le Christianisme a suffisemment d'influence pour arriver à ce résultat." Donc l'Etat doit cesser le contrôle exclusif de l'Education, de la Presse, et du Travail pour permettre au Christianisme de fleurir dans ces domaines.
Lacordaire déclarait que la Liberté sans obéissance n'était rien d'autre qu'autonomie. Une autonomie collective est incapable, selon lui, d'engendrer des créatures morales, et une dévotion aux impératifs moraux supportés par "une loi commune et sacrée" qui est vitale pour l'établissement de la justice. Une moralité exige que l'on soit soumis à un ordre supérieur, et non pas absorbé par la réthorique des droits. Les auteurs de la Révolution Française avaient établis une fausse relation d'égalité entre l'existence des droits de l'homme et de la liberté. Le cri de rassemblement émotif "Liberté, Equalité, Fraternité!" ne rend pas à Dieu ce qui revient à Dieu qui est le fondement et le préservateur de la société. Selon Lacordaire, cette sensiblerie anarchique ne pouvait par apporter un ordre social: "Qui n'aime pas Dieu devient par cela même, une cause permanente de l'aversion d'un Etat social, qui ne peut pas fonctionner sans Dieu."