Sommaire Biographique.
Louis-Claude de Saint-Martin dit "Le Philosophe Inconnu" fut appelé ainsi au début de sa carrière spirituelle. Plus tard on le nomma souvent "Le Théosophe d'Amboise" du nom de la ville où il naquit en 1743. Après une courte carrière comme avocat, il s'engagea comme officier dans l'armée royale. Il devint un membre actif de la Franc-Maçonnerie. Plus tard, il démissionna de l'armée pour aider Martinez de Pasqually dans l'organisation d'un système de Hauts Grades Maçonniques. Le but de ce système était d'attirer ceux qui étaient intéressés par des activités spirituelles et théurgiques, en restant dans le cadre de la Maçonnerie. Saint-Martin reçut les plus hauts degrés et représenta les Loges françaises dans plusieurs convents, parfois en association avec le fameux Comte de Saint-Germain.
Après plusieurs voyages en Angleterre et en Italie, Saint-Martin s'établit à Strasbourg de 1788 à 1791. Il découvrit et étudia l'oeuvre de Jacob Boehme, traduisit et publia (à Amsterdam) en français l'oeuvre du Théosophe de Görlitz. Ce contact avec la théosophie traditionelle changea complètement sa vie. Son évolution spirituelle peut être suivie dans sa correspondance avec le Suisse Kirchberger, qui fut publiée sous le titre de Correspondance Théosophique.
Saint-Martin prit une part active dans la préparation de la Révolution Française, car il considérait qu'un changement dans la structure du gouvernement de la France eetait une neecessité. Avec d'autres membres de la petite noblesse française, il tenta d'instaurer la Synarchie, un gouvernement exercé par un nombre limité d'individus élus pour leur intégrité morale et leur qualification à gérer les différentes branches du gouvernement. L'histoire a prouvé que le système synarchique était une utopie, pourtant Saint-Martin reste connu pour avoir décrit le principe bien connu du gouvernement démocratique: Liberté, Egalité, Fraternité, qui reste encore aujourd'hui la devise de la France.
Saint-Martin peut être classé, sans aucun doute, parmi les théosophes classiques et on peut le considérer comme celui qui a le plus influencé la théosophie moderne et même la Société Théosophique de Madame Blavatsky. Celle-ci fut Martiniste, ainsi que la plupart des membres de ses débuts: Annie Besant, J.I. Wedwood, C.W. Leadbeater, le Dr. Gérard Encausse, Rudolph Steiner, etc... C'est du Livre des Nombres, de Saint-Martin, qu'Héléna Peetrovna Blavatsky s'inspira pour créer le sceau de sa Société Théosophique. Vers 1880, de nombreuses publications portèrent les sceaux Martinistes et Théosophiques sur leurs couvertures. Certains textes de Saint-Martin sont encore utilisés dans les millieux théosophiques modernes, en particulier son invocation: "Puissent les Saint Etres, dont vous aspirez à devenir les disciples....".
La vue du cosmos de Saint-Martin consiste en quatre mondes distincts: le Divin, le sub-céleste, le céleste et finalement le terrestre. Chaque paire est séparée par des axes de Feu. Les deux supérieurs se reflètent dans les deux inférieurs, comme dans un mirroir. Chacun de ces mondes est habité par quatre catégories d'êtres appelés: les Supérieurs, la Majeurs, les Inférieurs et les Mineurs. On connait fort peu de choses des deux mondes supérieurs. Le monde céleste est divisé en trois plans: le rationel (ou mental), le visuel (ou astral) et le sensible (éthérique). Le monde terrestre est divisé en quatre règnes: le minéral, le végétal, l'animal et l'humain. Le monde céleste doit être considéré comme "l'enveloppe du monde matériel".
La notion d'axe de feu est essentiel dans la cosmogonie de Saint-Martin puisque c'est par lui que le monde divin se réfléchit dans le mirroir; il contient aussi plusieurs idées concernant la formation de l'univers créé et de la Vie qui anime toutes les créatures. Saint-Martin décrit ce Feu Central comme: "L'axe de feu est le principe de vie dans chaque corps créé, c'est un feu qui maintient toutes les formes en équilibre; aucun être ne peut, sans lui, avoir la vie et le mouvement. C'est par l'action et l'opération de ce feu que toutes les formes de la matière visible sont maintenues pour toute la durée de leur existence, fixées par la volonté de leur Créateur".
Saint-Martin définit aussi toutes les formes créés comme "un véhicule" de vie, et ce concept est très proche des enseignements de l'Orient.
Saint-Martin appelle cet aspect de la Théosophie: la Réintégration Universelle. Toutes les créatures ont leur origine en Dieu et aucune n'est séparée, en essence, de l'Unité Originelle. "En Dieu, rien ni personne n'est supérieur, rien ni personne n'est inférieur: tous les êtres sont uns et indivisibles, ils sont tous pareils, tous sont égaux dans l'Unité (Le Tableau Naturel)
L'être humain participe à la fois à la nature matérielle et à la nature non-matérielle de la création, et pour cela manifeste les trois facultés de son Créateur: l'Action, la Volonté et la Pensée; mais il participe aussi à la Liberté. Ainsi, il est dans son état actuel séparé de l'unité primordiale. Ce processus fait partie du Plan Divin, de l'économie générale et du but de la création. Lorsqu'il retourne dans cette Unité, l'être humain obtient la faculté de se réintégrer, et en même temps d'aider les autres créatures dans ce processus. "La plupart des hommes ne s'occupent que de leur propre Réintégration, d'autres homme sur la terre sont appelés à une détermination plus positive de cette OEuvre de Réintégration et obtiendront des résultats innenses et considérables. Leur but est de manifester la Vie de Dieu sous la forme de la Sagesse Divine (Theosophia) et d'en distribuer la participation parmi tous les hommes. Comme l'homme est émané directement de Dieu, sans la participation d'aucune autre puissance, il ne peut avoir reçu que les mêmes vertus que celles de Dieu Lui-même, et rien n'existe entre Dieu et lui. Tel est le pouvoir qui aidera l'homme à restaurer sa ressemblance et sa relation avec l'Unité Primordiale" (Le Tableau Naturel)
Depuis le temps où il fut le disciple de Martinez de Pasqually, Saint-Martin fit l'expérience directe de l'Invisible par la pratique de la théurgie. Plus tard dans sa vie, il reconnu la valeur de la pratique du mysticisme et de la méditation, qu'il préféra aux pratiques de Martinez. Il ne nia jamais l'efficacité des cérémonies comme une méthode de développement spirituel, mais déclara préférer l'écoute de la voix intérieure, la voir du coeur. Vers la fin de sa vie, il déclara que la seule Initiation à laquelle il aspirait était celle donnée lorsque l'Unique Initiateur est invoqué, et que l'on voit resplendir Son étoile.
Introduction aux écrits de Saint-Martin.
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